Pervers narcissique ou paranoïaque, comment les reconnaître ?

Qui ne connaît pas les pervers narcissiques ? Difficile de les ignorer tant ils envahissent notre quotidien. Ils sont partout, sur le Net, dans les livres, les magazines et même dans les films (ex « Mon roi« ) !

Pourtant, trop souvent, l’étiquette « pervers narcissique » est abusive et inappropriée. Elle camoufle en fait une autre personnalité tout aussi pathologique, voire plus : le parano. Non, pas le « parano » que vous évoquez régulièrement pour décrire comment votre ami se sent parfois un peu surveillé. Non, le vrai paranoïaque, vous savez, ce personnage peu amène, qui se sent éternellement outragé, floué et spolié, notamment par ses proches.

Il est en effet parfois bien compliqué de les distinguer tant ils ont de points communs : leur dépendance aliénante au regard de l’autre, leur narcissisme, leur absence de considération pour autrui, leur hallucinante propension à nier les évidences, leur force de conviction, leur tendance à inverser les rôles, leur capacité de séduction, leur absence de culpabilité… Comment les reconnaître ?

Pervers narcissiques, paranoïaques, deux « manipulateurs nés »

Bien avant l’avènement du PN dans les années 2000, le paranoïaque était déjà considéré comme un manipulateur-né, capable d’exercer une emprise mentale totale sur sa proie en usant soit de la  terreur ou de la séduction, en exerçant des pressions psychologiques diverses, puis en enchaînant les d’interminables raisonnements para-logiques. Tout cela, sûr, avec un aplomb hors du commun.

Comme les pervers narcissiques, le parano inverse les culpabilités et attribue à son interlocuteur, « en miroir », ses propres intentions et travers inconscients, souvent les persécutions dont il est justement l’auteur, et se pose inversement en victime. Pour comprendre les ficelles paranoïaques, il suffit de penser à la propagande nazi d’Adolph Hitler ou du sinistre Dr Goebbels qui bâtissaient, sur quelques prémisses fausses, des argumentations crédibles, solidement étayées, et donc très convaincantes, comme l’ont hélas prouvé les événements liés à la Deuxième Guerre mondiale.

Mais, si le parano rumine longuement ses plans, le PN est un impulsif qui vit dans le présent. Aucun des deux, bien sûr, n’est encombré par la moindre culpabilité.

Le tribunal, un aboutissement pour le parano

Ni l’un ni l’autre n’étant très apte à préserver un hymen heureux, ils passent rapidement à la « case divorce » et échouent invariablement dans les prétoires. Mais si le PN ne goûte pas particulièrement aux charmes des tribunaux, le parano, lui, y est comme un poisson dans l’eau. C’est un Cyrano des tribunaux, grandiose, emphatique, prompt à murmurer ses mots doux au juge comme à une Roxane, à enfumer les prétoires, puis, si sa séduction ne fonctionne pas, à sortir l’épée, et à affronter avec panache des armées entières. 

Sa femme, ses enfants le considèrent comme un tyran domestique ? Fréquemment, la garde exclusive va être en jeu et des maltraitances, souvent incestuelles, vont même être alléguées. Hélas, la loi et les tribunaux vont s’avérer ses principaux alliés tant son atout maître est le charisme combatif : les culpabilités vont être inversées et chaque camp va clamer la folie de l’adversaire. D’un côté, le pervers narcissique, de l’autre, le « SAP ». Une dialectique difficile à insupporter pour les juges qui se plaignent de traiter désormais ces dossiers à la pelle. 

Des tyrans qui se posent en victimes

Dans ces procédures complexes, cet enchevêtrement d’accusations croisées et d’arguties interminables, les pervers narcissiques et les paranos tirent hélas souvent mieux leur épingle du jeu que la vraie victime. Leur raisonnement est imparable et ils ont l’assurance du vainqueur. Pourtant, le paranoïaque a une longueur d’avance. Si le PN est un monstre d’orgueil, le parano est un chevalier blanc, un époux et un père admirable, parfois même un bienfaiteur humaniste. Il réclame donc au juge la reconnaissance qu’il mérite. Son adversaire doit être laminé, détruit, humilié, mais son caractère impitoyable n’apparaît que rarement au grand jour…

Contrairement au pervers narcissique qui ment en toute connaissance de cause, le paranoïaque est intimement convaincu de ce qu’il raconte. Il n’y a donc pas plus convaincant que lui. D’ailleurs, quand le PN se défend seul, avec sa flamboyance caractéristique, le parano assemble le plus souvent une véritable coalition, composée de ses relations familiales, professionnelles, associatives, de ses voisins, auxquelles il aura évidemment inspiré pitié et dont le jusqu’auboutisme confine au fanatisme.

pervers narcissiques, comment les reconnaitre ?

***********

Pour aller plus loin

Envie de lire d’autres articles de Caroline Bréhat concernant les violences sexistes ?